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Navettes CGN vers Lausanne : la ligne divisée par deux dès 2026, quelle position de la mairie ?

pierre_m·7 avr.

J'apprends par la presse vaudoise que la CGN va réduire fortement les traversées Thonon–Lausanne dès janvier 2026 : six allers-retours quotidiens en semaine au lieu d'une quinzaine aujourd'hui, et plus aucun service le week-end. Je suis frontalier, je prends le bateau tous les matins depuis le port de Rives, et avec trois courses le matin plus trois le soir il me devient impossible d'assurer mes horaires de travail sur le campus de Dorigny. Plusieurs questions concrètes à la mairie et à Thonon Agglo : 1) Quelle est la position officielle sur cette réduction et qu'avez-vous défendu dans les dernières négociations avec le Canton de Vaud ? 2) La contribution française est-elle vraiment passée de 340 000 € en 2018 à plus de 4 millions en 2025 comme l'écrivent les journaux suisses ? Si oui, à quoi correspond cette explosion ? 3) Quelle solution de repli pour les centaines de Thononais qui travaillent à Lausanne et qui vont se retrouver sur la route dès l'hiver ? 4) L'accord 2026 étant présenté comme « transitoire », qu'est-ce qui se passe en 2027 ? Peut-on avoir une visibilité à deux ou trois ans ? Merci d'avance pour un point clair. Beaucoup de familles attendent des réponses avant les renouvellements d'abonnements de fin d'année.

16 commentaires

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camille_d·

Même combat. J'enchaîne bateau + métro m2 pour atteindre le CHUV en 1h10 porte à porte. Si je dois passer par la voiture jusqu'à Évian puis l'autoroute, c'est 1h45 minimum et 300 € de carburant en plus par mois. Cette décision est absurde.

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nicolas_b·

Et encore, tu oublies le T74 qui est déjà saturé. Tous ceux qui basculeront du bateau vers le bus vont finir debout ou à la porte à Sciez. On ne peut pas juste « reporter » quelques centaines de frontaliers sur des lignes routières qui débordent déjà.

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antoine_r·

J'ai monté un groupe WhatsApp de covoiturage Thonon–Perrelet avec une dizaine de collègues, on peut l'ouvrir à d'autres frontaliers si ça dépanne. Ce n'est clairement pas une solution de long terme mais ça peut aider en janvier.

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elodie_g·

Sur le fond, je trouve hallucinant qu'on rabote une liaison lacustre électrique (enfin, partiellement) au moment où tout le monde parle de PCAET et de report modal. On pousse mécaniquement des centaines de personnes vers la voiture. Qui assume politiquement ce choix côté français ?

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thomas_r·

Désolé de ne pas rejoindre le cœur brisé général : la CGN fait ses comptes et la ligne est structurellement déficitaire. Si le Canton de Vaud estime que ce n'est plus à ses contribuables de payer le déplacement quotidien de frontaliers qui vont travailler en Suisse, on peut comprendre. La solution est peut-être plutôt une ligne ferrée cadencée Thonon–Évian–Annemasse mieux coordonnée avec le Léman Express.

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marie_f·

Le Léman Express côté sud s'arrête à Évian et met plus d'une heure pour relier Genève, sans traversée lac. Pour Lausanne, il n'y a tout simplement aucune alternative ferrée aujourd'hui — c'est CFF via Genève, soit 1h40 en comptant la correspondance. Ce n'est pas comparable.

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julien_m·

Sur le sujet des 4 M€ : il faudrait vraiment un décompte détaillé. On passe de 340 k€ à 4,2 M€ en sept ans, soit une multiplication par douze, pendant que le service n'a pas été multiplié par douze… Où est l'argent parti ? Renouvellement de flotte, salaires suisses, infrastructures ? On veut bien payer pour un service utile, mais pas en aveugle.

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laure_p·

Je pose la question côté parents : ma fille est en bachelor à l'UNIL, elle rentre à la maison le jeudi soir par la navette de 19h20 et repart le dimanche soir. Sans service le week-end, c'est soit la voiture de soirée (dangereux), soit un hébergement supplémentaire à Lausanne qu'on ne peut pas assumer. Plusieurs familles sont dans ce cas.

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sophie_l·

Pour remettre les chiffres en contexte : l'accord 2026 qui vient d'être signé entre le Canton de Vaud, Thonon Agglo et la CCPEVA prévoit 5,5 millions de francs de chaque côté de la frontière. C'est une rallonge exceptionnelle d'un an uniquement, pour laisser le temps de trouver un modèle pérenne. Et après la mobilisation de novembre, les négociateurs sont passés de 6 à 9 courses par jour en semaine. Ce n'est pas idéal, mais ce n'est pas non plus « on supprime tout ».

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pierre_m·

9 courses au lieu de 6 c'est mieux, je le reconnais. Mais pour un usager quotidien, la question qui reste est : est-ce que les trois courses supplémentaires tombent aux bons horaires ? Si elles sont en milieu d'après-midi, ça ne change rien pour les travailleurs.

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sophie_l·

D'après ce qui a filtré de la réunion, les quatre navettes matinales seraient rétablies (5h50, 6h30, 7h00, 7h30). Je préfère attendre la grille officielle avant de crier victoire.

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Merci pour vos messages très factuels, nous les lisons attentivement et les remontons au cabinet du maire. Quelques éléments de réponse : • Position de la mairie : nous avons défendu, avec Thonon Agglo et la CCPEVA, le maintien d'une desserte quotidienne suffisante pour les actifs et les scolaires. Le passage de 6 à 9 courses obtenu en novembre est le résultat direct de cette pression, de la mobilisation des usagers, et des courriers co-signés par les exécutifs du Chablais. • Contribution française : l'augmentation reflète à la fois le renouvellement des unités (deux bateaux hybrides livrés en 2023 et 2024), l'inflation des coûts d'exploitation côté suisse, et un rattrapage de la clé de répartition qui ne correspondait plus à la fréquentation réelle. Un rapport détaillé est disponible à l'Agglo, nous allons demander sa mise en ligne. • 2027 : l'accord 2026 est bien transitoire. Un comité transfrontalier se réunit en mars et juin pour étudier soit une pérennisation du financement 5,5 M CHF/5,5 M CHF, soit une nouvelle formule intégrant Région, État et SIAC. Nous nous engageons à publier ici un point d'étape après chaque réunion. • Solutions de repli immédiates : nous échangeons avec la Région sur un renforcement matinal du T74, et une expérimentation covoiturage Thonon–Perrelet est étudiée avec l'Agglo pour janvier. Une réunion publique d'information est programmée le 23 mai à 19h en salle Grangette, avec un représentant du Canton de Vaud et un référent CGN. N'hésitez pas à préparer vos questions en amont.

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pierre_m·

Merci pour la réponse détaillée, c'est exactement ce qu'on espérait trouver ici plutôt que dans un communiqué de presse. Je serai à la réunion du 23 mai et je transmets l'info aux collègues du campus. Question complémentaire : est-ce que les associations de frontaliers comme le GTE seront invitées au comité transfrontalier ?

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Oui, une invitation formelle a été demandée pour le GTE et le Frontalier Magazine, en observateurs. Nous confirmerons ici dès que le Canton aura validé la liste.

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elodie_g·

Petite suggestion pour la réunion du 23 mai : pouvez-vous prévoir un volet « bilan carbone » ? Comparer les émissions d'une navette CGN hybride vs 300 voitures individuelles sur l'axe Évian–Lausanne, cela aiderait à objectiver l'arbitrage budgétaire.

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marie_f·

Pour info pratique, une pétition en ligne a déjà dépassé 8 000 signatures côté Chablais. Je la relaie aux parents d'élèves, n'hésitez pas à la partager autour de vous avant la réunion du 23 mai pour montrer au Canton que la mobilisation ne retombe pas.